Indonésie

Récit d’un voyage à vélo à Bali (9)

Écrit par Claudia

Batur – Sengigi  (76km)

Traditionnel rangement des sacs, petit déj les yeux bouffis, et gestion hasardeuse des crampes aux mollets. La côte pour remonter du Lac Batur est longue et difficile, et la moitié des villageois nous attend au tournant pour nous proposer « trrransporrrt, trrransporrrt ».

Louis avant la première côte.

Les prix sont exorbitants, et pour cause, c’est la seule route. Nous décidons de commencer la montée, et de demander un coup de main plus tard à un véhicule de passage. Erreur, ils sont tous de connivence et le meilleur prix que l’on aura pu obtenir d’eux sera aussi cher qu’une nuit d’hôtel (rp 100 000). Enervés, nous décidons de monter a pied. Il y a un dénivelé de 700m sur 2km, que nous avons escaladé en 1h. Pas mal au réveil!

Heureusement nous sommes encore haut dans les montagnes, et le reste de la journée se fera en descendant, un tour de pédalier toutes les 20 min, pour ne pas trop s’ankiloser…

Vers 13h00, nous cherchons un Warung (cantine locale) pour nous reposer et manger un morceau. Nous tombons sur un superbe restaurant qui sert dans un buffet a volonté un peu de tous les délices locaux (rp 75 000/pers), le tout avec une vue superbe sur les rizieres en terrasse de la vallée. Bien décidés a rentabiliser ce genre de service, nous repartons 1h30 après, le ventre prêt à exploser !

Claudia au Puri Boga Restaurant.

La descente s’enchaine, magnifique. Nous sommes encore dans les montagnes, moins habituées au tourisme, aussi on nous sourit et nous salut avec respect, sans nous hêller toutes les 30 sec pour nous proposer un service ou une marchandise quelconque.

Nous arrivons enfin vers 16h00 dans la vallée, et croisons une école. C’est la fin de la journée pour les gamins et ils sortent en masse.  Ils crient en nous voyant, nous font des haies d’honneur et nous tendent les mains pour qu’on les toppe. Ils nous courent après sur 500m, et je trouve ça génial. En faisant le point un peu plus loin, Claudia me fait remarquer que ce qu ils criaient, c’était « money, money! ». Je suis un peu déçu et refuse de la croire, mais très vite je me rend compte que tous les mômes de la vallée font de même `hello, money`.

Nous continuons la descente vers le port, sur la route côtière. Le paysage perd un peu de son éclat, d’autant plus qu’il faut relancer le pédalier. Nous nous arrêtons au temple de Goa Lawah, ou résident dans une cave sacrée un bon millier de chauves-souris sacrées.

Détail de la cave aux chauve-souris.

L’intérêt de l’endroit est réduit car le lieu est très touristique, et une cérémonie ayant eu lieu juste avant notre arrivée, le sol est jonché de débris d’offrandes piétinées, un peu comme les places où ont lieu les marchés.

Sortie de cérémonie.

Nous pouvons aussi admirer un groupe d’une cinquantaine de fillettes, bien alignées, en train d’apprendre les danses de cérémonies.

Nous repartons pour les derniers 30 km sur une route « nasional » qui se fait bien, malgré la circulation. Elle nous emménera à Padang Bai, à l embarcadère. Là, nous nous arrêtons à un ATM pour retirer de l’argent, afin de payer la traversée. Pas de chance, notre carte Visa ne passe pas, seulement les Master Cards. Des loubards en mobylette nous proposent un aller-retour pour Klung Kung où se trouve un ATM pour rp 100 000 aller retour. Je suis fatigué et énervé, car nous sommes passés par ce village 35 km plus tôt! J’ai beau chercher, je ne trouve pas d’autre solution, et nous n’avons qu’une heure et demi pour trouver de l’argent sans quoi nous devrons prendre le bateau le lendemain, ce qui ne nous enchante pas du tout, la ville étant plus proche du coupe-gorge que de la marina tropézienne… Je marchande, pendant que Claudia surveille les vélos. La discussion est très tendue et je ne veux pas payer le prix fort. Au bout de 20 min pendant lesquelles le ton monte, j’obtiens le prix satisfaisant de rp 30 000 a/r. Je pars donc sans délai avec le Mesrine local, sans casque et a toute berzingue, laissant Claudia seule avec les vélos et les truands… Elle a pour consigne d’apeller la police si je ne suis pas là au bout d’une heure, c’est vous dire l’ ambiance ! Finalement, l’homme s’arrête au bout de 5 min dans un tout petit chemin planqué à 200m de la route principale. Je me dit que je ne risque rien tant que je n’ai pas encore d’argent. Il me sort un casque de sa maison, où je rencontre sa femme et ses enfant, ainsi que sa mère devant laquelle il s’adoucit. Les Maman, c’est puissant! Je lui paye une clope et nous repartons sur de meilleurs termes, le reste du trajet se fait sans encombre.

Nous embarquons alors sur le ferry public (rp 44 000/pers vélos inclus, sinon rp 35 000/pers sans vélos). Là, heureuse rencontre, Fabrice et Anne, deux français dans le même trip baroudeurs que nous, backpackers, égayent joyeusement le voyage de 4h00 vers Lombok. Le ferry est grand, sa gestion bordélique (accès aux câles à toute heure, salle des moteurs grande ouverte, les gens pêchent sur le pont). Moi, j’adore, Claudia aussi, mais elle n’est pas très confiante…Nous croisons sur la route une nuée de lumières que nous prenions alors pour celles de la côte. Il n’en est rien ; c’est une flotte de pêcheurs musulmans qui, Ramadan oblige, remplie ses filets de nuit. Le spectacle est merveilleux, il y a plus de 300 bateaux. Tous les pêcheurs de la côte Ouest de Lombok sont reunis sur des embarcations traditionnelles.

A l’arrivée au port, nous décidons avec nos compagnons de route de prendre un transport pour Senggigi, où nos chemins se sépareront le lendemain. Il est 22h00 et il n’ y a qu’un seul driver, bien conscient de son monopole. Fabrice réussit quand même a négocier hardement un trajet à 250 000 rp au lieu de  350 000 rp (« I am not the king of France you know! »).

Après 1h00 de route, coincés dans une camionnette entre les sacs et les vélos, nous atteignons Senggigi. Changement de décor avec Bali, les hôtels sont splendides, immenses et tous remplis! Nous essayons d’en trouver un dans un centre de renseignement pour les touristes d’où nous pouvons téléphoner. Peine perdue, aucun n’est libre, sauf le pire de tous, coincé entre deux mosquées, un choix a éviter en plein Ramadan. Il est minuit, nous n’avons pas d’hôtel, les chauffeurs s’impatientent et tout ce que le service de renseignement peut nous proposer, c’est des excursions de plongée! Claudia nous trouve alors un hôtel qui apparemment est libre en discutant avec deux touristes russes, a l’anglais impeccable. Ils nous préviennent qu’il faut se méfier car une même chambre varie selon la tête du client de rp 600 000 à rp 400 000. Nous allons donc à cet hôtel qui est 250 m plus loin. Je pars me renseigner sur le prix des chambres : nous n’avons plus que des suites Deluxe, à rp 600 000. Je fait mine de partir en colère, l’homme me rattrape et me propose rp 400 000 « big price becoz you tired ». Je fait descendre à rp 350 000, ce qui reste cher, et nous nous installons. Un saut dans la piscine, un Warung expedié et nous sautons dans le lit King Size, la chambre étant vraiment luxueuse. Bonne nuit !

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Qui suis-je ?

Claudia

Spécialiste papilles et trek, elle marche pour nous de la Tasmanie à la Réunion et teste les voyages, les bons plans restaurants et les sports à la mode.

Ses voyages : Seule, à pied ou à vélo. Gros faible pour les immersions en communauté, les plats pimentés et les hauts sommets.

Zone de prédilection : l’Afrique et l’Asie

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