C’est en cherchant un endroit où pratiquer le surf au Guatemala qu’une amie m’a conseillé de contacter Rafa. Pionnier du surf au Guatemala, Rafa s’est installé à El Paredon, un petit village de la côte pacifique, il y a 10 ans. Il a emmené avec lui de son Pérou natale quelques planches et sa passion des vagues. Dans son sillage, d’autres pensions modestes se sont installées, toutes tournées vers le surf et le tourisme se développe peu à peu à El Paredon sous la houlette

de Rafa et de quelques étrangers, bien décidés à préserver le village des méfaits d’un tourisme excessif le plus longtemps possible. Touchée par sa démarche, j’ai passé 3 jours à El Paredon Surf Camp pour surfer au maximum mais en apprendre aussi un peu plus sur El Paredon, l’endroit idéal pour surfer dans le pays il me semble. Visite guidée. 

El Paredon Surf Camp, plus qu'un hôtel un projet

Après deux heures de bus depuis Antigua, je passe enfin le portail d’El Paredon Surf Camp. Julie, mon amie responsable de ce bon plan, m’a prévenu ; on entre ici plus facilement qu’on en sort. Rafa s’active dans le jardin sous un soleil écrasant. La cinquantaine passée, corps sculptural et sourire jusqu’aux oreilles, il me met tout de suite à l’aise. Ici, on se sert dans le frigo collectif, note nous-même nos heures de surf sur un carnet “comme ça, on évite de parler d’argent”. 

Tandis qu’il m’installe dans un petit bungalow rustique mais charmant (il n’y a ici ni eau chaude ni internet mais ça fait partie du concept), je m’aperçois qu’il n’utilise jamais le mot client. Compartir – partager – voilà le projet qu’il poursuit sur ce terrain hors du temps.  

Surfer à El Paredon, un état d'esprit avant tout

Ce midi, je suis justement invitée à déjeuner avec Rafa et un de ses amis de longue date, un californien qui, après avoir séjourné à EL Paredon Surf Camp, a fini par acheter un terrain à quelques minutes d’ici. Les vrais voyageurs me glisse-t’-il à l’oreille, voyagent non pas pour voir le monde entier mais pour trouver l’endroit qui les appelle. Nous sommes sur la même longueur d’ondes. 

Rafa m’avoue qu’il le sait déjà. Depuis toutes ces années, il a appris à détecter en un email si la connexion va se faire. Il tient à ce luxe simple : choisir ses amis, ses invités sans se préoccuper de savoir si ses bungalows sont remplis ou non. 

“Chaque lieu a son énergie propre faite des va-et-vient des personnes qui s’y rendent. Je travaille pour ça. Favoriser les rencontres, faire connaître El Paredon et préserver l’énergie naturelle de ce lieu que j’aime tant”. 

 

El Paredon, un village uni vers un développement contrôlé

En attendant la vague – ici, nous sommes sur un beach break où les vagues peuvent atteindre 4 mètres à marée haute – Rafa m’offre un petit tour du village, à peine quelques rues faite de terre et de baraques basses. Il y a 6 ans, deux touristes britanniques qu’il a reçu au Surf Camp sont tombées sous le charme d’El Paredon. Elles y ont installées une petite ONG, la Choza Chula, qui accompagne le village dans son développement tout comme Rafa. Depuis leur arrivée, une école secondaire, une bibliothèque et un centre de préservation des tortues marines ont été construites ainsi qu’un jardin communautaire pour apprendre aux habitants à cultiver leurs propres légumes malgré une terre très sablonneuse. 

Ce qui préoccupe Rafa en ce moment : le traitement des déchets, le respect de la plage et la construction en dur qui vont de pair avec le tourisme grandissant. A quelques pas de chez lui, sur la plage, un hôtel flambant neuf, immense, n’accueille aucun touriste. “Blanchiment de narcos”. Il marque un temps. “Mais on travaille avec le maire pour limiter l’installation de grands complexes à El Paredon. 

 

Ici, comme au Honduras, les maras rôdent. Au hasard d’une route de terre, nous croisons un 4×4 rutilant. Parfois, ce sont des ballots de cocaïne jetés sur la plage au coeur de la nuit qui indiquent leur présence. Rafa me l’assure pourtant : il ne se passe jamais rien à El Paredon, un des endroits les plus sûrs du pays. “Si tu es chauffeur de bus alors oui, tu peux avoir des problèmes. Pour circuler dans le pays, ils doivent payer les narcos et des centaines sont assassinés chaque année. C’est le métier le plus dangereux du pays. Mais avec les touristes, aucun problème. Ici, nous avons de la chance. Les gens du village sont évangélistes et très croyants. Ils ne participent pas au trafic et il y a très peu de vols. Tant que la culture tiendra, tout ira bien ici. 

 

C’est pour ça que nous nous efforçons d’attirer les bonnes personnes. Avec le surf, certains touristes boivent, fument apporter avec eux de mauvaises habitudes. Dans les hôtels, cela ne nous dérange pas trop tant que cela reste contrôlé, mais sur la plage et dans le village, nous préférons les touristes venus pour échanger plutôt que pour prendre sans conscience”. 

 

Surfer au Guatemala : les vagues d'El Paredon

Je viens de finir mon petit-déjeuner entre les bouquets de citronnelle quand Bagner, l’instructeur de surf d’El Paredon Surf Camp me rejoint. “Si tu es prête, c’est l’heure”. 

On reprend ensemble les basiques sur un sable déjà brûlant. L’ambiance est décontractée, on est avant tout là pour s’amuser. Bagner m’apprend les courants du coin, la façon dont les vagues se brisent et se dédoublent par endroit. “Tu verras le reste dans l’eau. Le surf, c’est avant tout faire corps avec les éléments”. 

Tandis que Bagner emmène la planche au large, je lutte contre le courant. A croire que ma dernière randonnée en Corse n’a pas eu l’effet escompté…La première vague est la bonne : je me lève tout de suite grâce aux conseils avisés de mon prof. Au fil de l’heure, j’apprends à taper les vagues, à prendre de la vitesse pour pouvoir tourner. 

Bagner, de plus en plus, me laisse ramener la planche seule vers le large, histoire que je prenne confiance en moi face à, ce qui me semble être au début de la leçon, de véritables monstres. Je sors de l’eau rincée avec hâte d’être à demain pour déjà recommencer. Le reste de la journée, je la passe comme les jours d’après, à lire dans le hamac face à l’océan et à parler aux amis de Rafa de passage au surf camp en attendant le coucher de soleil, le bain de mer et le repas du soir servi chez Sandra. 

Une seule certitude : ces 4 jours à El Paredon ne m’ont pas suffi et, lorsque je reprends la route pour Antigua, je me promets de revenir un jour plus longuement au El Paredon Surf Camp. 

 

Rejoindre El Paredon depuis Antigua

Depuis Antigua, le plus simple est de prendre un shuttle pour El Paredon car il n’y a pas de chicken bus direct d’Antigua vers El Paredon. Comptez environ 2h de trajet pour 90 quetzals (12€). Le shuttle vous récupérera à votre hôtel et vous déposera à El Paredon Surf Camp. Pensez à réserver à l’avance car les navettes sont souvent complètes, spécialement si vous voyagez le week-end. 

Tous les hôtels quasiment vous proposerons un transport. J’ai choisi de voyager avec NeWay Tours que vous pouvez joindre via leur site internet ou directement par WhatsApp (+502 4856 1674). 

Il y a deux navettes par jour pour El Paredon-Antigua, une à 9h30 et une à 14h, dans les deux sens. 

 

Informations complémentaires sur El Paredon Surf Camp

J’ai vraiment adoré mon séjour et la philosophie de vie de Rafa qui est réellement devenu un ami. Sans internet ni eau chaude (mais il fait 35°C et vous avez un internet café dans le village si vous n’arrivez vraiment pas à décrocher). 

Bungalow privé : 230 quetzals (26€)

Location de planche : 120 quetzals la journée (13€)

Heure de cours : 120 quetzals (13€)

Repas : 35 quetzals (4€)

Pour vous donner un ordre d’idée, en prenant des cours, j’ai dépensé environ 140 euros pour 3 jours de surf. 

 

Si vous avez des questions, n’hésitez pas à me les poser via les commentaires. Je vous répondrai le plus rapidement possible. 

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