Après avoir détaillé les 4 conditions qui me semblent essentielles pour envisager un voyage initiatique, j’ai eu envie de partager avec vous quelques méthodes pour réussir son voyage initiatique. Il serait inutile de vous faire croire que le voyage résout tout. Comme pour une psychothérapie, une approche par la méditation ou le Reiki, vous ne pourrez changer qu’avec le temps. Mais justement parce que le voyage est un temps à part où vous pouvez prendre soin de vous, il me semble intéressant d’utiliser

ce biais pour effacer les quelques blocages qui vous gâchent la vie et prendre conscience de certains freins. 

Cert article, je l’espère, vous aidera à donner du sens à vos voyages comme je l’ai fait et à trouver ce que vous recherchez. Si vous aussi, vous avez effectué un voyage qui a changer votre vie, n’hésitez pas à laisser un commentaire et à enrichir l’article pour les futurs lecteurs. 

Au fil de mes voyages, j’ai pu tester 4 techniques de contraintes très simples pour changer ce qui vous pèse. Il y en a d’autres, à vrai dire, plein d’autres mais celles-ci me semblent rapides et accessibles à tous pour peu qu’on les utilise en restant à l’écoute de soi et sans se faire de mal. 

Il s’agit du détricotage des peurs, de la méthode par objectifs, de l’expérience d’un autre soi et du vagabondage curieux. Voici à quoi elles correspondent et comment je m’en suis servie pour changer lors de mes voyages. 

 

Le détricotage des peurs

Comment ça marche ? 

C’est très simple ma bonne dame : c’est le saut en parachute, toucher la grosse bébête à six pattes ou aller voir de plus près à quoi ressemble le requin blanc. L’idée : se confronter à ses peurs de manière plus ou moins frontales pour lever nos angoisses et nos blocages. Cela requiert que vous ayez identifié une peur précise qui vous gâche un peu la vie et, bon an mal an de s’y confronter. Pour l’avoir utiliser plusieurs fois, je trouve cette méthode super efficace car une fois la peur affrontée par une situation réelle, elle disparaît définitivement. 

 

Et concrètement : 

J’ai pu essayer cette méthode plusieurs fois ces dernières années et, alors que je n’aurais jamais osé le faire dans ma vie quotidienne, le voyage m’a apporté la distance nécessaire avec mon environnement habituel pour affronter ma peur. En 2011 par exemple, alors que j’étais au plus mal et que j’avais au fil des mois développé une agoraphobie qui m’empêchait de me promener seule dans la rue, j’ai pris un billet d’avion pour la Thaïlande pour faire un voyage en solo. Dans ma tête, affronter ma peur d’être seule allait me soigner, c’était une évidence.  Le résultat ? Un blog voyage crée, celui-ci, et des centaines de voyages plus tard, je n’ai plus peur d’être seule face au monde.

De manière un peu moins poussé, en 2014, j’ai voulu travailler sur ma peur en avion. Alors que j’avais volé des centaines de fois, je commençais depuis quelques années à avoir de plus en plus peur des décollages et, comme voyager était une part importante de ma vie, je n’avais aucune envie de voir une phobie se développer. J’ai donc pris mon courage à deux et, pendant un voyage à Fayence, j’ai décidé de faire un vol en planeur (oui, l’avion sans moteur). L’idée était assez simple : comprendre comment vole un avion aux côtés d’un pilote expérimenté. 

En grimpant dans l’avion, j’appréhendais beaucoup, d’autant plus que j’étais responsable de lâcher la corde qui nous rattachait à l’avion de décollage. Mais finalement, toutes les explications de mon pilote m’a beaucoup rassuré et, je me dis que si on arrive à voler sans moteur, je ne crains finalement pas grand chose dans un énorme avion de ligne. Depuis ce jour, ma peur en avion a complètement disparu et je m’endors bien souvent avant même le décollage. 

 
Vol en planeur
Vol en planeur, Fayence, France

L’avantage, finalement, c’est qu’on a rarement peur de ce qu’on connaît. Depuis que je suis incollable sur le planeur et les courants ascendants qui permettent de voler sans moteur, plus rien ne m’arrête (en tremblant un peu, certes, mais ça ne se voit pas sur les photos). Du parapente à la Réunion à l’ULM en Nouvelle-Calédonie, je ne manque plus une occasion de découvrir la terre vue du ciel ! 

ULM à Voh
Vol d'ULM à Voh, Nouvelle-Calédonie
Voh, Nouvelle-Calédonie
Le lagon vu du ciel, Voh, Nouvelle-Calédonie

Les inconvénients de cette méthode : 

Si cette méthode est en générale radicale, il faut bien se connaître avant de l’envisager. Comme tout part de l’idée de se forcer à faire quelque chose d’inconcevable, si vous sentez que l’expérience peut être traumatisante, n’y allez pas. Vous allez ne faire qu’empirer les choses. Faites vous accompagner par quelqu’un en qui vous avez confiance et qui saura vous rassurer si l’angoisse est trop forte. 

Cette méthode est assez limitée puisqu’elle ne fonctionne que sur des peurs tangibles. Essayez de rencontrer un patron après un burn-out…blague à part, je ne suis pas sûre que vous arriverez à l’effet escompté. 

La méthode par objectifs

Comment ça marche ? 

Lors de mes premiers voyages en solo, je partais toujours avec une liste de 4 à 5 objectifs personnels à développer. Si je ne savais pas où le voyage allait me mener, j’espérais me débarrasser de quelques habitudes et fausses croyances qui m’empêchaient d’avancer. Etonnamment, si mes activités n’étaient pas liées à ces sujets, il se présentait toujours une occasion pour mettre à l’épreuve. 

 

Et concrètement ? 

En 2010, lors d’un voyage combinant 1 mois en Thaïlande et un  PVT en Australie, je m’étais fixée deux objectifs : apprendre à me faire comprendre et devenir moins pudique.

Lorsque je suis arrivée chez Ama et Ada, une famille akha du nord Thaïlande, je n’avais qu’une peur : que nous ne puissions pas échanger. Ils ne parlaient ni anglais ni thaï. J’étais très pudique sur mes sentiments et les incompréhensions entre mon entourage et moi étaient fréquentes. C’était un véritable défi pour moi et je n’était absolument pas sûre de réussir à me faire comprendre, à créer des liens et à partager mes émotions avec des inconnus. Sans la langue, il a fallu que je fasse davantage attention à mes expressions, mes postures et mes gestes. C’est finalement Ama qui a désamorcé la situation quand autour d’un repas très épicé, j’ai croqué dans un piment. Toute la famille attendait ma réaction et lorsque j’ai commencé à tirer la langue, on a tous explosé de rire. Sans le savoir, j’avais réussi mon pari : leur montrer qui j’étais, sans aucun artifice. Ce n’était qu’un premier pas vers une communication apaisée mais ce fut un véritable déclic. 

danse akha, nord Thaïlande
Danse Akha chez Ama - Thaïlande

Quelques mois plus tard, j’arrivais à Sydney. Je n’avais presque plus d’argent et il me fallait trouver un job rapidement. 

Après une journée à distribuer des CV dans tous les bars de mon quartier, je suis tombée sur une annonce accrochée à un lampadaire. Les Beaux Arts de Sydney cherchaient des modèles pour une classe de dessin. J’ai tout de suite pensée que cette annonce n’était pas pour moi. J’étais incroyablement pudique, au point de refuser systématiquement d’aller à la plage avec des amis. Pourtant, j’ai appelé. Je me souviens encore de la première séance de pose. Après de longues minutes d’hésitation, j’ai quitté ma cabine pour rejoindre l’atelier. Là, une dizaine d’artistes m’attendaient. Grâce à leur bienveillance, j’ai appris que le corps n’était pas plus que ce qu’on y projetait. Je n’avais pas plus de défauts que les autres, je pouvais donc – physiquement comme moralement – m’accepter et vivre sereinement avec la personne que j’étais devenue. 

Sydney Art Class
Un des modèles du Sydney Art Class, Australie

Les inconvénients de la méthode : 

L’avantage de cette méthode, c’est qu’elle est assez simple et ne demande pas beaucoup d’efforts (la mise en danger est moindre).

Je vous conseille néanmoins d’écrire vos objectifs sur un carnet et de “l’oublier” à la maison avant de partir. Il est essentiel de ne pas focaliser. Dans le cas contraire, vous risqueriez de passer à côté d’expériences bien plus importantes que celles pour lesquelles vous étiez partis. Si le voyage est un accélérateur de changements, c’est justement parce que c’est un temps de lâcher prise 😉 

L'expérience d'un autre soi

Comment ça marche ?

On fuit le quotidien et on s’immerge pour quelques temps dans un contexte complètement différent du sien. Que ce soit dans un kibboutz, un couvent ou une communauté hippie, on se confronte à un autre système de pensée, on glane de nouvelles idées et on se permet de se montrer sous un nouveau jour. 

 

Et concrètement ?  

En 2012, Eva, une amie, et moi avons roulé pendant près de 12 heures dans le bush australien pour rejoindre un des festivals hippie le plus authentique d’Autralie, Confest Festival

Sans montre, sans téléphone portable, on se donnait rendez-vous à la tente quand le soleil touchait la colline. On avait absolument aucune idée de ce que nos nouveaux amis faisaient dans la vie (quelle importance finalement). Tout ce qu’on avait besoin de savoir c’est que Mark faisait le meilleur des chaï latte et que Ben emmenait les enfants à la rivière le matin pour les initier à la slagline. Tout avait l’air si facile et léger qu’en revenant, je me souviens m’être dit : “c’est ça la vie”.

 
Confest Australia
Confest Australia

Les inconvénients de la méthode : 

Si cette méthode a l’avantage de vous confronter à d’autres systèmes de pensée et à vous réinventer rapidement, les effets n’en sont que très éphémères. Finalement, vous n’êtes pas différents à votre retour. Ce sont les règles extérieures qui ont changé l’espace d’un instant et qui vous ont semblées plus légères. Mais une fois de retour dans votre environnement quotidien, les autres n’ayant pas changé leurs façons d’interagir, vous retomberez dans les mêmes travers. 

Il se peut même que vous ayez désormais choisi de faire changer les autres, ce qui est toujours une idée assez catastrophique. 

Il vous faudra un long temps de maturation pour savoir ce qui, de cette expérience est applicable au quotidien de ce qui ne l’est pas et le retour de voyage peut être assez violent. A moins de passer le reste de votre vie dans cette organisation parallèle…

Le pouvoir du "oui éclairé" ou le vagabondage curieux

Toutes ces méthodes, même si elles m’ont aidé à franchir des capes importants me semblent finalement trop construites pour qu’on puisse en retirer des apprentissages tout en profitant au maximum du voyage. De plus, elles ne sont utiles uniquement si on sait ce que l’on cherche. Je crois qu’il arrive un moment où l’on préfère se laisser surprendre par ce que le voyage a à nous offrir. Et c’est là qu’intervient le “oui éclairé”

 

Comment ça marche ? 

Il n’y a rien de plus simple. Il suffit de lâcher prise et de dire oui. Construire son voyage au cordeau est une aberration. Que vous apportera d’avoir fait le tour du monde si vous n’avez laissé aucune place pour l’imprévisible si ce n’est une collection de photos de tous les sites “à voir au moins une fois dans sa vie” ?

Le vagabondage curieux, c’est accepter de fermer ses guides de voyage et de faire un détour de 50 kilomètres parce que le gérant de votre guesthouse vous propose de partir pêcher la truite sur son spot préféré.  

 

Et concrètement ? 

J’avais trois jours à tuer à Dakar et pas une envie folle de visiter tous les sites touristiques du coin. Finalement, c’est en mangeant un Tiep Bou Dien dans une bicoque de la plage que Pape m’a abordé. Il se demandait pourquoi je ne fêtais pas Noël en famille cette année et de fil en aiguille, il m’a parlé du Magal de Touba, un des plus importants pèlerinages musulmans d’Afrique. Touba n’était qu’à quelques heures de voiture et Pape avait réussi à piquer ma curiosité…Ce que j’y ai découvert me direz-vous ? 

Il est sûrement plus difficile pour moi de vous livrer la portée de cette expérience mais c’est, aujourd’hui encore, une de mes plus belles expériences de voyage et le fait de l’avoir découvert au détour d’une conversation y joue pour beaucoup. 

Sur la route de Mbacké, Sénégal
Détail de plafond à la mosquée de Touba Sénégal
Magal de Touba, Sénégal

Les inconvénients de la méthode : 

Là encore, il faut être critique et vigilant. Dire oui à toute expérience est une bonne chose si ce oui est “éclairé”. Il faut toujours se demander si la personne qui vous invite le fait de façon désintéressée ou si elle cherche à en tirer un quelconque avantage (éloignement de la ville, d’un groupe, pour l’argent, etc..). La meilleure façon de se protéger des entourloupes est d’être sceptique mais cela vous protégera également des belles rencontres. C’est un équilibre qu’il est parfois difficile de trouver. 

Il y a sûrement bien d’autres façons de se découvrir par le voyage. C’est aussi une démarche si personnelle qu’il m’ait difficile de vous guider davantage. J’espère néanmoins avoir donné quelques pistes grâce à cet article et je serai ravie de vous guider davantage avec vos commentaires. 

 

Avez-vous déjà effectué un voyage qui a profondément changer votre vie ? Qu’avez-vous découvert et dans quelles circonstances ? 

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